Dans le cadre du renforcement des liens entre le monde académique et le secteur privé agricole, Kivu Agro Business (KAB) accompagne actuellement dix étudiants finalistes de la Faculté des Sciences Agronomiques de Université Catholique de Bukavu dans la réalisation de leurs travaux de mémoire à la ferme universitaire de Nyamakana.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de collaboration scientifique et technique visant à promouvoir des solutions agricoles durables, adaptées aux réalités des producteurs locaux. Les étudiants mènent des expérimentations sur deux cultures stratégiques, le maïs et la tomate, afin d’évaluer l’efficacité de deux produits biologiques innovants : Ecopticide et Terraboost.
Au-delà de la simple évaluation agronomique, cette étude cherche également à comparer les performances techniques et économiques des produits biologiques avec celles des produits de synthèse couramment utilisés par les agriculteurs de la région.
Une collaboration université–entreprise au service de l’innovation agricole
Le partenariat entre Kivu Agro Business et la Faculté des Sciences Agronomiques de l’UCB illustre l’importance de créer des passerelles solides entre la recherche académique et les besoins réels du secteur agricole.
À travers cette collaboration, les étudiants bénéficient d’un cadre pratique leur permettant d’appliquer les connaissances théoriques acquises à l’université aux réalités du terrain. Pour Kivu Agro Business, cette démarche représente une opportunité stratégique d’appuyer la recherche locale tout en obtenant des données scientifiques fiables sur les performances des intrants agricoles proposés aux producteurs.
Dans cette perspective, Kivu Agro Business a mis à la disposition des étudiants l’ensemble des intrants nécessaires à la conduite des essais : semences, fertilisants, produits phytosanitaires, produits biologiques, équipements de traitement ainsi que l’encadrement technique nécessaire au suivi des expérimentations.
Les essais sont réalisés sur le terrain de la ferme universitaire de Nyamakana, un cadre favorable aux expérimentations agricoles et à la recherche appliquée.
Dix étudiants mobilisés entre le champ et le laboratoire
Les travaux sont conduits par dix étudiants finalistes répartis en deux groupes complémentaires :
Six étudiants travaillent directement au champ, sur les parcelles expérimentales de maïs et de tomate, afin d’évaluer le comportement des cultures sous différents traitements ;
Quatre étudiants travaillent au laboratoire, notamment sur les analyses liées aux semences utilisées ainsi qu’aux observations concernant la chenille légionnaire d’automne (CLA), principal ravageur étudié sur le maïs.
Cette combinaison entre expérimentation de terrain et analyses de laboratoire permet d’obtenir des résultats plus complets et scientifiquement rigoureux.
Les étudiants assurent le suivi régulier des parcelles expérimentales à travers plusieurs paramètres :
Le taux de germination ;
La croissance végétative ;
L’évolution des attaques de ravageurs et maladies ;
Le rendement final ;
Ainsi que les coûts liés à l’utilisation des différents traitements appliqués.


Pourquoi le maïs et la tomate ?
Le choix des cultures testées répond à des préoccupations agronomiques majeures rencontrées par les producteurs dans plusieurs zones agricoles du Sud-Kivu.
Le maïs : une culture fortement affectée par la chenille légionnaire d’automne (CLA)
Le maïs constitue l’une des principales cultures vivrières de la région. Cependant, sa production est sérieusement menacée par la chenille légionnaire d’automne (CLA), un ravageur très destructeur pouvant occasionner d’importantes pertes de rendement.
La sensibilité du maïs à ce ravageur a motivé son intégration dans les essais expérimentaux. Les étudiants évaluent ainsi l’efficacité du biopesticide Ecopticide dans la lutte contre la CLA.
L’étude ne se limite cependant pas à tester uniquement le produit biologique. Les chercheurs comparent également ses performances à celles d’un produit de synthèse largement utilisé dans la région : Roket, un insecticide contenant notamment du dichlorvos et de la cyperméthrine.
Ce produit est fréquemment utilisé par de nombreux producteurs pour lutter contre les ravageurs du maïs. Toutefois, malgré son efficacité reconnue, les préoccupations liées aux risques environnementaux, à la santé des utilisateurs et aux résidus chimiques dans les productions agricoles encouragent aujourd’hui la recherche d’alternatives plus durables.
Les essais permettront ainsi de comparer :
Le niveau de contrôle de la CLA ;
La croissance des plants ;
Les rendements obtenus ;
La fréquence des traitements ;
Et les coûts d’utilisation entre les solutions biologiques et chimiques.
La tomate : une culture vulnérable aux maladies fongiques
La tomate représente une culture maraîchère à haute valeur économique mais particulièrement sensible aux maladies fongiques, surtout en période humide. Ces maladies causent souvent des pertes importantes chez les maraîchers de la région.
Dans le cadre des expérimentations, les étudiants évaluent les effets du produit biologique Terraboost sur la santé et la résistance des plants de tomate face aux maladies.
Là également, les résultats sont comparés avec ceux obtenus à l’aide d’un produit de synthèse très répandu dans le maraîchage local : le Mancozèbe, un fongicide largement utilisé par les producteurs pour le contrôle des maladies fongiques.
Cette comparaison vise à analyser :
L’efficacité de protection contre les maladies ;
Le développement végétatif des plants ;
La qualité des fruits ;
Le rendement final ;
Et la rentabilité économique des différents traitements.
Une étude axée aussi sur les aspects économiques
L’une des particularités majeures de cette étude réside dans l’évaluation économique des traitements appliqués. En effet, les producteurs agricoles ne choisissent pas uniquement un produit en fonction de son efficacité biologique, mais également en tenant compte :
Du coût d’achat ;
De la fréquence d’application ;
De la disponibilité sur le marché ;
Et du rendement obtenu après traitement.
Les étudiants analysent ainsi les différences économiques entre les produits biologiques et les produits de synthèse utilisés dans les essais.
L’objectif est de déterminer si les solutions biologiques peuvent représenter une alternative économiquement viable pour les agriculteurs locaux.
Les données collectées permettront notamment d’évaluer :
Le coût global des traitements ;
Le rapport coût/rendement ;
La rentabilité des cultures ;
Et les avantages potentiels des produits biologiques sur le long terme.
Cette approche est particulièrement importante dans un contexte où les producteurs recherchent des solutions à la fois efficaces, accessibles et durables.
Des produits biologiques prometteurs
Face aux limites des pesticides chimiques conventionnels, les producteurs agricoles s’orientent progressivement vers des alternatives plus respectueuses de l’environnement et de la santé humaine.
C’est dans cette logique que Kivu Agro Business s’intéresse à des solutions biologiques innovantes capables d’améliorer durablement les performances agricoles.
Selon les informations communiquées par les fabricants :
Ecopticide offrirait une protection efficace contre plusieurs ravageurs des cultures tout en réduisant les impacts négatifs sur l’environnement ;
Terraboost contribuerait à améliorer la fertilité biologique des sols, stimuler la croissance des plantes et renforcer leur résistance naturelle face aux maladies et stress.
Cependant, avant toute commercialisation à grande échelle, Kivu Agro Business souhaite disposer de preuves scientifiques fiables sur l’efficacité réelle de ces produits dans les conditions agroécologiques locales.
Les expérimentations conduites par les étudiants permettront ainsi de générer des données objectives sur les performances agronomiques et économiques observées sur le terrain.
Des travaux de mémoire à impact concret pour les agriculteurs
Au-delà de leur dimension académique, ces travaux de mémoire présentent un intérêt direct pour le développement agricole local.
Les résultats issus des expérimentations pourraient orienter les décisions futures de Kivu Agro Business concernant l’introduction et la distribution de ces produits biologiques auprès des producteurs.
Si les résultats s’avèrent concluants, KAB envisage de rendre ces solutions accessibles aux agriculteurs à travers son réseau de boutiques d’intrants agricoles.
Cette démarche permettrait aux producteurs :
D’accéder à des alternatives innovantes ;
De réduire progressivement leur dépendance aux produits chimiques de synthèse ;
Et de promouvoir une agriculture plus durable et respectueuse de l’environnement.
Encourager la recherche locale pour une agriculture durable
En soutenant ces expérimentations académiques à la ferme de Nyamakana, Kivu Agro Business réaffirme sa volonté de contribuer activement à l’émergence d’une agriculture moderne, innovante et durable en République Démocratique du Congo.
La collaboration avec l’Université Catholique de Bukavu constitue un modèle de partenariat bénéfique pour toutes les parties :
Les étudiants renforcent leurs compétences scientifiques et pratiques ;
L’université valorise la recherche appliquée ;
Et le secteur privé dispose d’outils scientifiques pour mieux répondre aux besoins des agriculteurs.
À travers cette initiative, KAB encourage également la jeunesse scientifique à développer des solutions concrètes capables d’améliorer durablement la productivité agricole tout en préservant les ressources naturelles.
Les résultats finaux des essais sont attendus avec beaucoup d’intérêt et pourraient ouvrir la voie à une nouvelle génération d’intrants biologiques accessibles aux producteurs de la région



